La généalogie à l'honneur ce week-end à Bex

Sur la piste des nos aïeux

Plusieurs dizaines de généalogistes amateurs des trois Chablais se sont retrouvés dans la cité du sel pour partager leur passion: enquêter sur les patronymes qui forment notre histoire. Coup de projecteur sur un passe-temps studieux, qui connaît un nouvel élan grâce à l'avènement d'internet. Mais où le novice a tôt fait de se perdre.

Ces arbres qui font parler nos aïeux

Remonter les branches de ses ancêtres: une discipline studieuse à laquelle s sont livrés plusieurs adeptes provenant du Chablais vaudois, valaisan et français. S'y intéresser revient à y risquer son latin...

Reconstituer son arbre généalogique revient à s'aventurer dans un véritable labyrinthe. Fait de détours, d'impasses et autant de tentation d'abandon.

L'opiniâtreté est donc sans nul doute le trait de caractère commun des quelques dizaines d'amateurs s'étant réunis ce week-end à Bex à l'occasion de la Rencontre généalogique des trois Chablais. Un événement à la cadence annuelle, qui regroupe trois entités régionales du genre, le Cercle vaudois de généalogie, l'Association valaisanne d'études généalogiques et l'antenne chablaisienne du Centre généalogique de Savoie. Au programme: conférences le samedi, échanges le dimanche.

Très profitables, les rencontres entre sections sont monnaies courantes. On partage ses dernières trouvailles, qui permettent quelquefois de relancer des enquêtes. Maître mot de ces cercles studieux et bénévoles: l'entraide. «Notre but est de fournir des pistes, des outils aux personnes qui souhaitent faire des recherches», explique l'organisateur du rendez-vous, Pierre-Yves Pièce, adepte de la discipline. C'est par cette porte là que se recrutent généralement les membres. Et ils sont nombreux. Environ 300 dans la patrie des Héritier et Défago, un tantinet plus dans celle des Veillon et des Rochat. Les cercles s'avèrent par ailleurs actifs dans des publications en tout genre. Celui du canton de Vaud édite par exemple chaque année son bulletin, compilation de chroniques familiales.

Remonter aux racines de ses aïeux, parfois jusqu'au 14e siècle ne dénote-il pas un esprit passéiste ? «On peut voir cela comme ça. Mais mieux connaître son passé donne des clés pour le futur. Nous acquérons une vision moins centrée sur nous-même», considère ce Bellerin membre du cercle vaudois. Et les passionnés l'affirment à l'unisson, loin d'eux l'idée de dénicher l'existence d'un illustre ancêtre.

Fouiller les coffres

A qui souhaite dessiner son arbre familial, Pierre-Yves Pièce conseille de mener des investigations en premier lieu au sa proche parenté: fouiller les coffres, questionner les survivants. S'impose ensuite le recours aux documents officiels, disponibles dans les offices d'état civil régionaux, et le cas échéant, dans les archives cantonales. Il faut savoir toutefois que seules des informations sur l'ascendance directe peuvent y être obtenues. Selon les cantons, les registres paroissiaux peuvent constituer également d'utiles banques de données. Le succès de la recherche dépend de la qualité et des hasards de la conservation des sources. En la matière, les chances diffèrent entre lignées. Les familles d'artisans, sans terres, laissent par exemple moins de traces que les paysans. L'enquête porte généralement sur la lignée agnatique, autrement dit la souche masculine.

L'internet a donné un nouvel élan à la généalogie. «Il permet de faciliter les échanges entre les membres et les recherches à l'étranger. Mais son utilisation requiert de la prudence. Nous avons pour principe de ne rien publier sans le consentement des auteurs.»

Compter dans son arbre une branche extra-européenne n'est pas si rare. C'est même le propre des régions alpines de connaître des exodes de population. «Le Pays d'Enhaut a toujours été une terre d'émigration», note l'archiviste cantonal vaudois Pierre-Yves Favez. Côté valaisan, 40 000 autochtones ont pris, dès 183, la route vers l'Argentine.

E.B.

Revue de presse